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Quelques mots pour passer un coup de gueule. J’en avais déjà parlé il y a quelques semaines, Google ambitionne de numériser l’ensemble du patrimoine écrit édité par l’humanité. Si le projet en lui-même serait, -et est déjà- d’une aide inouïe pour les chercheurs du monde entier, il ne faudrait pas que ce procédé devienne mercantile et tronqué par une politique commerciale et c’est malheureusement ce qu’il est en train de se passer.
Ce n’est pas Google books (bien qu’il le soit aussi indirectement sur le long terme) qui est mis en cause mais Google Edition qui propose à la vente des livres dits « orphelins » (aux ayants droits disparus) ou simplement sous droits mais scannés dans des bibliothèques américaines, d’où la flopée de procès en jugement en ce moment notamment avec des maisons d’édition dont celle de la Martinière. Ce que fait Google est du piratage mais ce qui est encore plus dramatique c’est qu’elle s’attaque également à des biens publics.
La logique de profit n’a pas sa place ici, rien ne nous dit que des tarifs ne seront pas imposés plus tard pour avoir accès à ces ouvrages, alors qu’ils pourraient se contenter de l’argent déjà considérable qu’ils engrangent avec les recettes de la publicité. Il ne s’agit pas moins que de l’appropriation privée d’un patrimoine public et c’est particulièrement choquant. Le but n’est pas de constituer une banque mondiale du Patrimoine contrairement à ce qui a été annoncé mais bien de tirer profit de ces ressources.
Il faut savoir que Google impose des règles inacceptables aux bibliothèques avec qui elle passe des accords. Elle leur interdit par exemple d’exploiter les fichiers numérisés durant plusieurs décennies ou de les fusionner avec ceux d’autres bibliothèques, de même elle impose la confidentialité sur des clauses du contrat alors qu’elles utilisent un patrimoine public !!! ça va à l’encontre des règles de la concurrence, l’entreprise cherche non pas à assurer un monopole mais une exclusivité de commercialisation partiellement sur des biens publics et libres…
On est donc loin, très loin de « La République Universelle des Savoirs » comme annoncée un peu partout par l’entreprise californienne. Il s’agit bien d’une entreprise commerciale et pas d’une fondation à but non lucratif, seule entité, qui selon moi pourrait être en charge d’un tel projet.
Ne laissons pas notre savoir entre les mains de financiers ne recherchant que le profit.
Le coût de la numérisation serait a l'origine de cette décision puisque historiquement la BNF avait toujours refusée -son ancien président M. Jeanneney en tête- de négocier. Ce dernier parle aujourd'hui d'un "insupportable tête-à-queue" car son successeur en a décidé autrement.
Les choses ne sont cependant pas aussi simple et rien n'est fait puisque le Ministre de la Culture M. Frédéric Mitterand souhaite s'impliquer pleinement dans ce dossier. Il a d'ailleurs marqué son territoire en déclarant dans le Monde du 30 août 2009 :
"la BNF travaille dans le cadre de la politique arrêtée par le ministère de la culture [...] la décision qu'elle prendra aura un effet d'entraînement. La numérisation de tous les patrimoines doit se faire dans une garantie d'indépendance nationale absolue et de protection des droits d'auteur absolue. Cela tient à l'identité, à la mémoire collective et à un certain nombre de valeurs qui vont bien au-delà des aspects techniques"
D'où vient le problème me direz vous, si ils sont moins chers qui va s'en plaindre nous vivons à l'heure de la mondialisation. Oui mais là encore les choses ne sont pas si simples. L'entreprise américaine qui a déjà numérisé 10 millions d'ouvrages entend désormais les commercialiser, alors que plus de la moitié sont protégés par le droit d'auteur.
Google a fixé au 4 septembre la date butoir pour les éditeurs du monde entier : ils doivent dire s'ils acceptent, ou non, les termes d'un projet d'accord contre rémunération. L'Allemagne a déjà dit non, on attend la réponse de la France mais le Ministre semble du même avis que nos voisins germaniques.
Du point de vue du droit de la concurrence ce qu'a fait Google n'est pas "fair-play" car le projet ne devait pas être commercial à l'origine du coup aujourd'hui ils se retrouvent en quasi monopole ce qui déplait fortement à un groupement fraichement né au Etats Unis appelé Open Book qui s'oppose à ce projet et où on trouve des entités puissantes telles que Amazon, Microsoft ou Yahoo.
Du point de vue de la recherche la numérisation est essentielle, pour en faire très régulièrement moi même je peux vous dire que les recherches de livres numérisés sont beaucoup plus simple sur Google books que sur Gallica le portail numérisé de la BNF...
Sources:
Article du Monde du 1er septembre 2009 par Alain Beuve Méry
La version dont je vais vous parler est la version la plus récente à
savoir celle de 1997. Je precise la version choisie car elle possede de
nombreuses modifications et ameliorations dans le contenu et la
conception graphique.
Il y a eu en effet pas moins de 16 editions de cet ouvrage datant de 1950.
Le Professeur Ernst Gombrich est né à Vienne en 1909, il fut membre du Warburg institute à Londres en 1936, directeur de l institut et professeur d histoire de la tradition classique à l université de Londres de 1959 à 1976.Il a obtenu de nombreuses recompenses et a été anobli en 1972.
Son ouvrage "Histoire de l'Art" est l'un des ouvrages les plus célèbres sur l'art et sans conteste le plus populaire de tous du fait de sa simplicité et sa facilité de lecture.
Ce livre depuis 50 ans est une merveilleuse introduction à l'ensemble
du sujet, des premières peintures parietales à l'art comtemporain.
A travers ce livre l'auteur nous communique son amour pour l'art grace
à une habilité certaine en vulgarisant celui-ci. En effet il utilise un
style simple et direct qui permet au lecteur de ne pas etre perdu dans
les meandres des courants de peintures ou encore dans les differents
artistes d un même pays à une certaine epoque par exemple.
Gombrich ecrit lui même qu il souhaite:
"apporter un certain ordre, une certaine clarté dans l abondance de noms propres, de dates, de styles qui compliquent les ouvrages specialisés."
Mieux qu une enumeration d'oeuvres et d artistes celebres, l auteur nous montre pas necessairement l oeuvre la plus connue pour presenter le courant, il donne pour exemples les oeuvres les plus representatives du courant. Ces peintures ou scultpures sont d'ailleurs regroupées sous formes de chapitres chronologiques à travers de superbes images.
Il nous presente un veritable panorama de l art sous la forme d un enchainement de traditions toujours existantes aujourd'hui. Ainsi il trouve une ligne de conduite pour tous les domaines dans l art et peut ainsi relier l'art de notre temps à celui de l'âge des pyramides.
Ce livre est un excellent ouvrage pour avoir une premiere vue d
ensemble sur l'histoire de l'art et est indispensable à toutes les
personnes debutant leurs etudes dans l'histoire de l'art ou encore
passionnés d art, peu importe l'age du lecteur.
Le seul inconvenient reste le prix élevé tournant autour des 50 euros
et -si cela est consideré comme un defaut- le fait qu en ayant un peu
plus de connaissances(en l occurence si l on poursuit plus loin ses
etudes) ce livre parait leger dans certains commentaires.
Bonjour à tous les lecteurs qui me liront, sachez d'avance que cet
ouvrage est destiné à un public relativement connaisseur de la
civilisation pharaonique. Sans une base de connaissances en
égyptologie, le lecteur sera certainement quelque peu perdu au milieu
de notions liées à cette grande civilisation passée.
Même si l'auteur s'efforce de préciser tout ce dont il parle et même si
il donne systematiquement des references le sujet reste complexe et la
lecture pas toujours facile.
Quatrième de couverture:
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L'ouvrage de Jan Assman sur Maât, considéré traditionnellement comme la "Vérité-Justice" expose des considérations neuves sur les textes de Sagesse, par lesquels les préceptes d'une civilisation ont été exprimés. Nourri de l'acquis des réflexions philosophiques contemporaines, ce livre nous invite à porter un regard nouveau sur les structures de la pensée et de l'organisation sociale des anciens Egyptiens.
Autant dire un résumé très vague et pas très explicite sur le contenu
du livre. Comment en dire plus, cela reste pourtant difficile. On peut
certainement dans un premier temps donner quelques notions qui devront
être assimilés pour comprendre le sujet et percevoir l'importance de
celui ci.
Vous vous dites peut être que je lance des grandes phrases qui ne
veulent pas forcément dire grand chose mais cet ouvrage nous amène à
nous poser des questions sur les religions actuelles et nous propose
une explication logique d'un cheminement intellectuel humain depuis ce
mode de pensée égyptien jusqu'au plus comtemporain de nos raisonnements
spirituels.
Avant propos:
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Voila donc quelques notions promises pour cerner un peu plus le livre que vous devez lire si vous aimez la civilisation égyptienne.
D'abord qu'est ce que la maât. Cela vient du mot égyptien écrit maât et c'est à l'origine une déesse anthropomorphe surmontée d'une plume d'autruche caracteristique. C'est aussi le poids juste qui servira dans la balance du jugement des morts, à peser le coeur du défunt et à reconnaître si il est « maâty », c'est à dire « conforme à Maât ». Cette déesse est censé representer l'ordre logique des choses, la justice et la verité. Les pharaons égyptiens se devaient de donner cette maât aux dieux afin de leur montrer qu'ils accordaient la justice et la verité à leurs sujets (métaphore d'un equilibre des choses et d'une foi inconditionnelle envers ces dieux). En échange les dieux accordaient leurs pouvoirs au Roi et veillaient au bon déroulement des cycles de la nature. C'est ce que l'on appelle le don/contre don.
Ensuite il faut bien avoir en tête que certaines notions que nous employons aujourd'hui n'avaient pas lieu d'être à cette époque et qu'il est maladroit et incorrect d'appliquer nos notions, nos institutions ou nos manières d'agir sur un autre peuple, c'est valable pour les égyptiens mais c'est valable pour tout autre peuple ou civilisation. C'est ce que l'on appelle l'anthropocentrisme, c'est le fait de ne pas prendre assez de recul en se laissant pieger par notre jugement et notre culture.
Enfin pour mieux cerner ce sujet, il faut savoir que réferences à des anthropologues, des sociologues ou des théologiens vont être avancées. La lecture pourra donc peut être sembler lourde ou difficile à appréhender mais on doit forcément passer par là pour avoir une explication la plus demontrable possible tout en ayant un regard critique sur ce qui a été fait sur le sujet jusqu'à ce jour.
Auteur:
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L'auteur justement se nomme Jan Assmann, il est professeur émerite d'égyptologie à l'université de Heidelberg. trois de ses ouvrages ont été traduits en français : Mâat, l'Egypte pharaonique et l'idée de justice sociale (Julliard, 1989), Moïse l'Egyptien (Aubier, 2001) et La mort et l'au-delà dans l'Egypte ancienne (Le Rocher, 2003). Il s'agit d'un éminent chercheur reconnu par toute la communauté scientifique, surtout pour ses écrits concernant la théologie et le mode de pensée des égyptiens.
Résumé:
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Maât est un concept difficile à saisir, il est pour Jan Assmann l'ordre
cosmique, la justice sociale, la survie, l'immortalité, mais c'est
avant tout une solidarité communicative.
C'est à dire un facteur social visant à developper le tissu social d'un
homme afin d'en assurer sa survie posthume ainsi que celle de Dieu.
Même si l'évolution tend vers une individualisation et un isolement avec la piété personnelle, le concept egyptien de Maât créé un tissu social. La religion moderne va amener à substituer un organe étatique pronant une idéologie émanant de la volonté divine en le reduisant simplement à la volonté de Dieu dans la sphère personnelle.
L'homme ne depend plus d'un homme mais directement de Dieu, plus besoin d'un état, on s'auto-suffit, autant dire un obstacle aux sociétés modernes. Paradoxe puisque maât est la solidarité et la religion est l'individualisme pourtant c'est la continuité du tissu social, passant d'une solidarité communicative à un individualisme basé sur l'amour de son prochain.
Pour survivre un homme a besoin d'avoir fait la maât durant sa vie. Avoir eu une bonne attitude et avoir eu une bonne carrière. Important dans l'idéologie egyptienne n'est pas d'aimer mais d"être aimé, l'homme a besoin d'être bon pour vivre après la mort mais a besoin de reconnaissance sociale pour connaitre l'immortalité (à travers le culte des vivants).
Cela explique pourquoi les romains, les nubiens, les grecs ou les perses ayant occupé le pays ont conservé les traditions. Tout était lié le politique, le religieux, l'economique, l'educatif, la morale, la bienséance etc.... Et cela explique peut être la longévité de cette civilisation, parce qu'elle à suivie un même modèle, parce qu'elle a éviter le changement le plus possible parce que la volonté de chaque pharaon était de faire comme son prédecesseur mais en plus fort. Tout est lié au culte de son ancêtre pourquoi changer les choses quand elles marchent, pourquoi chercher le changement radical après un passif de plusieurs millénaires, autant d'élements qui font réfléchir sur le comportement de nos sociétés modernes, la mort de l'Egypte s'est fait par le changement...
Reference:
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Editeur: La maison de Vie
ISBN: 2 909 816 34 6
N°edition: 3241
Prix 18 euros
Voilà merci de m'avoir lu même si je reconnais que le thème choisi est
quelque peu compliqué et qu'il met en relation des concepts pas
toujours évident à saisir. Merci d'être allé jusqu'au bout sans sauter
aucun passage :p
A lire si vous êtes fanatique de Religion, d'esoterisme, de métaphysiques et du mode de pensée des égyptiens.
A bientôt
Ci dessous l'article de Pierre Assouline sur son blog à propos de la naturalisation de Jonathan Littell. La France compte désormais le lauréat du prix Goncourt 2006 parmi ses enfants:
09 mars 2007
Littell is French
La vraie patrie d’un écrivain, c’est sa langue, celle dans laquelle il écrit. Jonathan Littell était déjà français, il lui a
fallu le devenir. Si l’état d’esprit est une chose, à laquelle l’état d’âme n’est pas étranger, l’état-civil en est une autre. C’est fait depuis jeudi. Le premier ministre Dominique de Villepin, aidé de son directeur de cabinet, a accéléré la procédure afin que le lauréat du prix Goncourt 2006 obtienne son passeport. Pourtant l’écrivain, fils d’un Américain et d’une Belge, installé depuis peu à Barcelone, s’était déjà vu refuser deux fois la naturalisation l’an dernier par une administration malveillante ; à moins que par distraction, elle l’ait considéré à l’égal de n’importe quel étranger, d’autant qu’il ne remplissait pas toutes les conditions.
Comme Troyat autrefois, Littell a donc bénéficié d’un décret
dont on use rarement, et qui permet d’accorder exceptionnellement la
naturalisation à un étranger ayant contribué au rayonnement de la
langue et de la culture françaises. Jonathan Littell doit être ces
temps-ci le seul étranger qui, ayant fait fortune en quelques mois,
choisit de devenir hexagonal et contribuable, au moment même où les
Français les plus riches prennent la route l’exil fiscal pour
l’Angleterre, la Suisse ou la Belgique.
Aujourd'hui je souhaitais vous présenter mon premier conseil lecture, pour les petits comme pour les plus grands:
les ouvrages de René Barjavel
Ce livre commence par la decouverte des membres d'une expédition polaire française d'un signal émis sous la glace et capté par un appareil sondeur. Les savants du monde entier vont alors se mobiliser pour découvrir et comprendre ce qui se cache réellement sous la glace. Ce livre est un pont entre le présent et le futur, une fabuleuse histoire d'amour et un travail permanent pour maintenir le lecteur en haleine.
Le second livre "Ravage" est sans soute son livre le plus connu. Il est le second de cet auteur que j'ai librement acheté suite à ma première lecture obligatoire. Il expose le thème du cataclysme de l'humanité. Il montre la vulnérabilité de notre société face à la dépendance énergétique. Que se passerait il si l'éléctricité disparaissait, que deviendrions nous, que ferions nous? C'est ce que René Barjavel à réussit à exposer au fil des mots de son livre. La question de la modernité à outrance est posée, Rabelais affirmait déjà "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" (un vieux souvenir de philo), Barjavel l'a materialisé à travers cette histoire. L'homme survivra malgré tout mais une autre question éthique va alors se poser, lisez ce livre et reflechissez bien à votre mode de vie et vos priorités
Le troisième livre "Le voyageur imprudent" est un livre que j'ai pu lire lors de vacances très agréable en Corse l'été dernier. Après avoir trop longtemps oublié l'auteur, j'ai acheté ce livre dont j'avais toujours entendu parlé mais que je n'avais jamais feuilleté.
René Barjavel expose le mythique thème du voyage dans le temps. Il va épuiser le sujet en abordant l'exploration du passé et du futur, la decouverte d'une civilisation, la modification de l'Histoire, la rencontre avec lui-même et la ressurection des morts, tout ça baignant finalement dans un fatalisme très bien ficelé.
Je vous recommande donc cet auteur qui représente pour moi la science fiction à la française. Dans la droite ligne de Jules Verne ou de H.G. Wells il ne pourra pas vous décevoir quel que ce soit votre âge si vous êtes friant d'aventures et de voyages...
Bonne lecture